8 mai 1945
Mes chers amis,

Fidèlement, nous voilà réunis à nouveau devant ce monument qui chaque jour nous rappelle nos glorieux ainés, morts au combat pour la liberté.

Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitule sans condition, submergée par les forces alliées de l’est et de l’ouest. La France du Général de Gaulle est là, elle aussi, du côté des vainqueurs. Le 8 mai 1945, c’est la défaite de la barbarie. Une barbarie qui a pourtant pris le visage de la démocratie quand, à sa naissance en 1933, les nazis prennent le pouvoir en Allemagne, par les urnes.

Nous pouvons contempler dans l’Europe en paix depuis 1945 le chemin parcouru pour renforcer nos démocraties, pour établir une paix durable. La démocratie ne peut se résumer en une façon de choisir des responsables. Tout n’est pas dit dans une élection. La démocratie doit se vivre chaque jour, dans chaque commune, dans chaque quartier. Le premier rôle de ceux qui sont élus n’est pas d’exercer une autorité isolée de la réalité mais de provoquer la réflexion, d’écouter et de faire s’exprimer les opinions, de proposer des solutions, d’expliquer la complexité des décisions qu’ils doivent prendre au nom de l’intérêt général et d’anticiper leurs conséquences.

Cette année, le 7 juin, nous aurons, nous européens, à renouveler les membres du parlement européen. C’est un rendez vous important. Et le 8 mai est un bon jour pour en parler. Car pour construire l’Europe de la paix, l’Europe de la vraie démocratie, notre première responsabilité, à nous tous ici présents, est d’appeler nos concitoyens au débat et à la participation au vote. L’Europe ne peut pas nous désintéresser. Nous n’avons pas d’autre choix que l’Europe. L’Europe est le fruit du 8 mai 1945 et du courage d’hommes résolus tels que le Général de Gaulle, le chancelier Adenauer ou Maurice Schumann. Alors il faut travailler à comprendre le fonctionnement de l’Europe, de ses institutions, analyser et corriger ses nombreuses imperfections, apprendre les langues et cultures de ceux qui partagent avec nous la même monnaie, les mêmes frontières, les mêmes racines chrétiennes.

C’est au prix de cet effort sur nous mêmes que demain, nous construirons une démocratie plus forte en France, une Europe plus solide pour garantir la paix, et nous serons alors pleinement fidèles à nos glorieux anciens.

Prenons un moment de silence pour nous souvenir du sacrifice de leur vie pour la liberté, pour la démocratie.